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International

Projet Erasmus + : du zèle pour des ailes.

Airbus Brême
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Visite du site Airbus à Brême pour les élèves du partenariat Erasmus + : vol au-dessus d’un nid de hautes technologies.
Chez Airbus à Brême, 4 500 employés de tous les horizons européens s’activent quotidiennement pour faire voler avec élégance et efficacité tout ce qui peut voler : le slogan « We make it fly » n’a rien de mensonger ici ! Avions commerciaux fins et racés, Beluga de transport à belle gueule de baleine bossue, avions militaires aux allures de gros rapaces furtifs, hélicoptères, fusées Ariane, satellites, … rien n’échappe aux tourbillons fluides qui traversent l’immense site, à proximité immédiate de l’aéroport. Mais le programme Airbus, c’est aussi 50 jeunes futurs actifs en formation : apprentissage approfondi sur les sites de fabrication ou bien système d’alternance préparant aux métiers de l’ingénierie, du commerce, de la robotique ou de la recherche en matériaux. Voilà de quoi allécher de jeunes Européens en quête de métiers d’avenir et à haute densité technologique : l’Allemagne anticipe évidemment les creux prévisibles causés par sa démographie vieillissante… Après les civilités d’usage, la visite du site s’engage avec force consignes de sécurité : si les taupes semblent labourer allègrement et sans être inquiétées les pelouses faméliques du site, l’espionnage industriel est bien traqué en surface avec un luxe de précautions ! La spécialité du site de Brême est de préparer les composantes mobiles des ailes d’avions (les « flaps », dans le jargon aéronautique) et de les assembler ensuite sur les ailes arrivées d’Angleterre – pour les envoyer enfin à Toulouse où se fera le montage final des grands albatros. Dans d’immenses hangars, où robotique et numérisation assistent les techniciens, on slalome donc entre les différentes composantes des « flaps » : la fibre de carbone règne ici en maîtresse absolue, forte de ses performances en masse et en résistance. Les systèmes de rivetage sont aussi particulièrement perfectionnés, pour gagner en rapidité et en sécurité. Plus loin, dans des hangars plus gigantesques encore, l’assemblage des ailes est effectué en 5 jours chrono : le temps presse pour installer les « flaps », les circuits électriques, hydrauliques et le dégivrage intérieur indispensable au bon fonctionnement de l’ensemble. Les ailerons (« sharklets ») caractéristiques des Airbus récents seront montés à Toulouse : trop volumineux, ils ne tiendraient pas dans les Beluga de transport. Enfin, dans un autre bâtiment, le travail de l’aluminium propose un concentré des techniques les plus efficaces de modelage et de pliage de la matière … en attendant les merveilles de l’impression 3 D, qui permettra de ne plus avoir à gérer le mécano géant des immenses stocks de pièces. On ressort de tout cela évidemment impressionnés, pas sûrs d’avoir bien tout compris et plutôt rassurés devant tant de technologie maîtrisée et raisonnée : si on vole, ce n’est pas par hasard … Après le « launch time » traditionnel, une heure de témoignages de trois employés d’Airbus Brême permet de prendre la mesure des mobilités de travail dans le monde industriel post-moderne : un Espagnol de Séville né à Barcelone, passé par Toulouse, revenu à Séville et finalement installé à Brême (vous suivez ?), dirige le travail d’équipement de l’avion militaire A 400 M ; son collègue allemand a connu à peu près le même parcours et peut donc parler avec humour du choc inévitable des cultures et des indispensables collaborations transnationales ; quant au jeune apprenti allemand, passé lui aussi par Toulouse et en formation à Brême, il maîtrise mieux l’anglais (et sans doute le français – version accentuée du sud-ouest) que son germanique natal : belle leçon de linguistique fluide appliquée à l’aéronautique … La fin de l’après-midi, dans le froid pluvieux et venteux de Brême, c’est un peu de temps libre pour les élèves, dans le dédale de la vieille ville, beaux magasins et monuments somptueux, chargés d’histoire – en poussant la chansonnette avec les fameux musiciens locaux : âne, coq, chien et chat, réunis pour le meilleur … une belle image du creuset européen, non ?
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