panoramique-presentation

International

Projet Erasmus + : Wildeshausen, au carrefour des migrations.

Migrants
normal
Les élèves du projet à la rencontre d’une autre jeunesse : celle de la guerre et des grands flux migratoires du Moyen-Orient. Si loin … si proches !
En 2015, l’Allemagne ouvre ses portes aux arrivées massives d’immigrants en provenance des foyers de conflits orientaux : Afghanistan, Syrie, Irak. A Wildeshausen, comme dans beaucoup d’autres villes d’Allemagne, le gymnase de l’école qui nous accueille pour ce projet est réquisitionné et entièrement mis à disposition des réfugiés – en attente de solutions de logement, d’emploi et de places dans les écoles. Depuis, évidemment, la crise s’est estompée, les flux sont moins massifs et l’accueil s’est organisé. Moins médiatisées, les problématiques demeurent pourtant : apprendre la langue, accéder à des formations, trouver une place dans une société dont les règles et les habitudes sont bien éloignées de celles des nouveaux arrivants. Après avoir échangé sur les deux journées passées (la visite d’Airbus hier et les présentations des travaux lundi), les participants au projet sont donc invités à rencontrer ce matin 13 jeunes migrants, venus de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan ou du Vietnam. Le dispositif est simple : dans une grande salle de l’école, sous les toits, chaque immigré est accompagné de deux jeunes Allemand.e.s, chargé.e.s de traduire et de faire le lien ; un poster, à proximité, indique sommairement l’origine, les raisons du départ, les conditions de déplacement, les projets d’étude et de métier, les loisirs. Et chacun est invité à aller à la rencontre des autres, à échanger avec eux et avec leurs interprètes, à approcher d’un peu plus près cette réalité médiatique et souvent encore virtuelle pour nous de Sad, Ali, Zohan, Gol ou Phillip, en voie d’intégration en Allemagne – pleins de leurs souvenirs et tendus vers leurs projets. Souriants et ouverts, parfois réservés, inquiets ou heureux de partager leur vécu, les jeunes réfugiés ou émigrants donnent tout à coup une voix, un corps, une épaisseur d’humanité à ce qui nous est souvent présenté comme un problème abstrait - économique, politique ou religieux. Vue d’aussi près, l’universalité humaine n’est plus une question de croyance ou d’utopie : elle s’impose comme une réalité éclatante, ouvrant immanquablement au partage. Un peu plus tard, quand ces jeunes gens sont invités à être le jury du concours de logo lancé auprès des Espagnols, Français et Allemands pour symboliser leur projet, on sent leur fierté, leur joie d’être un peu Européens déjà et reconnus comme tels : presque unanimement, ils optent pour le bel oiseau coloré des Espagnols, aux formes fluides et ondulantes. Comme l’espoir d’un envol léger et doux vers l’avenir. Demain, une autre histoire nous attend à Bremerhaven, au Musée de l’Immigration : celle des exodes massifs que l’Allemagne a connus à la fin du XIXème et au début du XXème siècles quand les Européens espéraient eux aussi trouver leur paradis dans un ailleurs, de l’autre côté de l’Atlantique.
Retour