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International

Projet Erasmus + : embarquement immédiat !

Bremerhaven
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A Bremerhaven, le Musée de l’immigration nous a immédiatement immergés dans la réalité des 7 millions d’Européens partis vivre leur rêve américain …
A l’embouchure de la rivière Weser, Bremerhaven est le grand port de commerce de Brême, à deux pas des flots gris de la mer du Nord. Aujourd’hui ville cosmopolite, à l’activité économique forte, comme en témoignent les terminaux de (dé)chargement impressionnants, les porte-containers remplis de leurs briques multicolores et les immenses châteaux flottants des navires de croisière … Mais ce port, comme tant d’autres en Europe, des pays baltes à la côte Atlantique, a aussi une histoire, finalement très récente : du milieu du XIXème au milieu du XXème, des millions d’Européens ont choisi de quitter leur pays – pour vivre pleinement l’aventure du nouveau monde, du Canada à l’Australie, de New-York à Rio ou à Buenos-Aires – mais beaucoup ont aussi été contraints de fuir les crises économiques, le chômage, les guerres, les persécutions de toutes sortes – espérant trouver refuge loin des soubresauts traumatiques de la vieille Europe d’avant l’Union Européenne. Le Musée de l’immigration propose donc une plongée dans cette autre histoire de l’Europe et nous rappelle à bon escient que nous avons nous aussi été migrants, à l’heure de pouvoir accueillir (ou non …) les migrants qui frappent obstinément à nos portes. La scénographie est une réussite : les visiteurs sont invités à suivre le parcours d’un émigrant, depuis son départ de Bremerhaven jusqu’à son arrivée à Ellis Island, à New York, au pied de la statue de la Liberté. Fondées sur des recherches très précises, les informations sont riches et les parcours passionnants : la biographie de l’émigrant est détaillée ; on découvre les raisons de son départ, on l’accompagne sur le quai d’embarquement (où des figures grandeur nature, dans la semi-pénombre, créent un environnement d’un réalisme saisissant) ; on enquête sur son histoire et sa famille (dans la grande bibliothèque d’archivistes) ; on parcourt avec lui l’histoire de la navigation transatlantique (des grands bateaux à voile aux rapides steamers du XXème siècle, franchissant l’Atlantique en 5 jours) ; on pénètre dans les entreponts, où s’entassent les familles ; on s’assoit à la table de la cambuse, en imaginant le roulis, les odeurs et les vibrations du navire … Bref, de pièce en pièce, on s’imagine ce que pouvait être la vie d’un émigrant le temps de sa traversée : le plancher incliné nous rappelle parfois l’instabilité de l’élément liquide, on suppose les coups de boutoir des tempêtes, la maladie, la mort aussi … L’iconographie est très riche, les documents multiples, mais sans saturation ; et les enregistrements sonores accoutument nos oreilles de francophones sensibles à l’anglais en vigueur pour tout migrant en quête d’avenir ! Enfin l’Amérique se dessine à l’horizon : il faudra encore être autorisé à débarquer pas les autorités administratives, douanières et médicales. Ellis Island ou « L’île des larmes » pour les malheureux refoulés ou placés en quarantaine… Par équipes de 4, les élèves du partenariat ont traversé ce morceau d’histoire moderne, échangé sur leurs découvertes et mieux perçu sans doute que leur vie ouatée d’adolescents européens de 2019 est un immense privilège par rapport aux destinées parfois aventureuses et chaotiques de leurs lointains (mais si proches) frères d’Europe de 1850 à 1950. Demain, pour le dernier jour de la semaine, il faudra mettre toutes ces découvertes en voix et en échanges, tracer le bilan de cette première rencontre, se préparer aux étapes suivantes du partenariat … et penser au retour vers la France !
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