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Projet Erasmus + / Terminales STI 2D STL / Murcia Une histoire d’eaux

Waterwheel
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Au nord-ouest de Murcia, une plongée dans le passé maure de la province : la vallée de la Ricote, au bord de la rivière Segura, abrite la mémoire des ingénieux systèmes d’irrigation et des thermes antiques.
Même si les spectaculaires inondations de septembre à Murcia ont rappelé que la colère des fleuves peut encore surprendre nos vies ultra sécurisées, la question de l’eau dans le sud-est de l’Espagne reste bien un problème majeur : la sécheresse y règne et chaque goutte est un précieux trésor. A remonter en bus vers Albacete, l’aridité des paysages de moyenne montagne confirme la nécessité vitale de l’irrigation. De petites exploitations agricoles parsèment l’espace disponible, jusqu’au village d’Arabán – où se montrent quelques jardins plutôt verdoyants et des arbres au feuillage brillant, d’un vert sombre, entre les eucalyptus et les roseaux : citronniers, limettiers, orangers, mandariniers … dont les fruits nous ravissent de leurs promesses fraîches et acidulées. Un chemin incertain nous conduit ensuite au bord de la rivière Segura et des canaux qui la bordent. Là, les Maures avaient établi un système efficace et autonome d’irrigation de leurs cultures, toujours entretenu et fonctionnel aujourd’hui. De nombreuses roues à eau, certaines de très grande taille, jalonnent le parcours et montrent comment les canaux d’irrigation, en plus d’approvisionner les cultures par leurs ramifications multiples, permettaient de mettre en mouvement ces grandes roues et d’alimenter ainsi les espaces situés en amont de la rivière, par un système très simple de relevage. Partout le long de ce parcours se développent de petites aires de cultures fruitières, vivrières ou florales, dans une agréable fraîcheur et au son de l’écoulement des canaux. Un peu plus loin, au pied des collines arides, le site d’Archena laisse deviner par des ruines les bains romains qui y ont existé. Une source d’eau chaude à 52° y surgit et l’imposant complexe thermal et hôtelier témoigne du succès de cette médecine douce par les eaux : maladies respiratoires et dermatologiques y sont toujours soignées. En attendant l’heure de la visite des thermes, les élèves du partenariat … et quelques enseignants amateurs de facéties aquatiques goûtent aux plaisirs de la baignade (en extérieur s’il vous plaît pour les plus courageux ! 20° mais un vent capricieux …) dans l’espace ludique des lieux. Bulles et (fin des) maux … c’est l’éco(u)le douce, loin des frimas humides de la France automnale. On visite ensuite l’un des immenses hôtels du site, où les copies de l’architecture maure éclatent en arabesques et en couleurs, sous le dôme qui couronne l’escalier monumental. Et aux sous-sols, les espaces thermaux baignent dans une humidité chaude, jusqu’au sauna irrespirable où les plus courageux eux-mêmes ne restent que quelques instants. Demain, dans la tiédeur ensoleillée et sous l’agréable brise d’est, les jeunes du partenariat continueront leur découverte de ce patrimoine arabo-musulman qui caractérise Murcia – sous les apparences clinquantes de ses façades baroques et colorées …
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